Allah n’est pas obligé – Roman Graphique
2026L’adaptation d’Allah n’est pas obligé est née d’une rencontre. Le producteur Sébastien Onomo rêvait depuis longtemps de porter à l’écran le roman d’Ahmadou Kourouma en long métrage d’animation. Alors que nous travaillions ensemble sur La Sirène de Sepideh Farsi, il m’a fait découvrir ce livre que je n’avais jamais lu. Sa lecture m’a bouleversé. La voix de Birahima m’a immédiatement frappé : insolente, ironique, libre. Elle raconte la guerre avec la franchise d’un enfant qui refuse les faux-semblants. Cette voix me rappelait les récits que j’entendais adolescent lorsque je rendais visite à ma famille à Beyrouth, des histoires de guerre et de survie racontées avec un humour brutal. Ce décalage entre la tragédie et la manière de la raconter est devenu le cœur du projet. Très vite, une conviction s’est imposée : pour adapter ce roman, il fallait aller au-delà du livre. Grâce à Mohamed Tarawalley, ancien général de Sierra Leone installé à Monrovia, j’ai pu rencontrer d’anciens combattants et parcourir les lieux où se déroule l’histoire. Ces échanges ont profondément nourri le film et ancré le projet dans une réalité humaine et historique. Les voix ont ensuite été le point de départ de l’animation. À Abidjan, avec Alma Production, nous avons constitué un casting ancré dans cette réalité. Le jeune rappeur SK07 incarne Birahima, aux côtés de Missa Ndry, Salomé Kompaoré et Grâce Cisse Tassini, tandis que Thomas Ngijol prête sa voix à Yacouba.
En parallèle du film, j’ai développé un roman graphique qui prolonge cet univers et explore le parcours de Birahima à travers le dessin. À travers le film comme à travers ce livre, Allah n’est pas obligé est avant tout l’histoire d’une voix : celle d’un enfant plongé dans la folie de la guerre, qui tente de comprendre et de raconter le monde qui l’entoure.